jeudi 4 février 2010

Herradero* à Mirandilla


Anis del Mono au petit matin pour réchauffer les corps engourdis. Odeur âcre de poils brûlés. Nuage de fumée permanent. Paille au sol. Se jeter à la tête. Attraper la queue. Balancer par terre. Attention aux cornes. Corde entravée aux pattes. Numéros hélés. Cahiers griffonnés. Entailles d’oreilles. Beuglements de colère. Piqûres déparasitantes. Effluves de grezyl antiseptique. Taches de sang et de merde sur les vêtements. Egratignures, éraflures, coupures et torgnoles diverses. Ecchymoses et courbatures certaines. Personne ne se plaint. On est venu pour ça. Vociférations. Invinctives. Franches rigolades. Défis entre vachers. Orgueil d’homme. Bousculades. Coups d’esbroufe. Fanfaronnades. Accolades. Vols planés. Cervecita* réparatrice après l’effort. Sardines, saucisses et côtelettes grillées. Blagues grasses. Exagérations. Mensonges. Discussions interminables : le campo, sujet inépuisable.


Ce 2 février, 48 veaux et vêles de plus ont leur sort scellé, après les 54 de l’automne dernier. Ils appartiennent définitivement à la ganadería du Marquis d’Albaserrada et portent le A encerclé et couronné sur leur cuisse droite. Ils sont marqués du millésime 9 sur l'épaule, et seront toréés, pour les mâles les plus chanceux, en 2013.


Une belle matinée de campo, de contact viril avec la bête, d’affrontement viscéral de la force animale, de communion entre hommes et femmes unis par le même amour du taureau.


Herradero : ferrade
Cervecita : diminutif de cerveza (bière)

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